DPE 2027 : quel effet sur la valeur d’un appartement à Paris ?

Radiateur électrique sous la fenêtre d’un appartement ancien à Paris, logement concerné par le nouveau calcul du DPE en 2027

Le DPE 2027 n’est plus une annonce : c’est un texte publié. Au 1er janvier 2027, le coefficient de l’électricité dans le calcul du diagnostic de performance énergétique passera de 1,9 à 1,7. Beaucoup d’appartements parisiens chauffés à l’électricité vont gagner une lettre sans travaux. Mais une lettre gagnée n’est pas de la valeur gagnée : le calendrier des interdictions de louer ne bouge pas, et un acquéreur continue d’acheter un appartement, pas une étiquette.

L’essentiel

  • Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, abaisse le coefficient de l’électricité de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Aucun logement ne verra son étiquette se dégrader.
  • Votre DPE actuel reste valable. Dès le 1er janvier 2027, une attestation gratuite de la nouvelle étiquette sera téléchargeable sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
  • Le calendrier de la décence énergétique est inchangé : logements G exclus de la location depuis 2025, F en 2028, E en 2034. Un projet de loi qui l’assouplit est en discussion, pas adopté.
  • Seule la part électrique de la consommation baisse, d’environ 10,5 %. Un appartement tout électrique de plus de 40 m² passe de G à F si sa consommation actuelle ne dépasse pas 469 kWh/m²/an.
  • À la vente, la lettre ne remplace ni l’étage ni l’état de la copropriété ; elle élargit surtout le cercle des acquéreurs.

Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas l’analyse de votre DPE par un diagnostiqueur certifié ni le conseil d’un notaire. Article à jour de la réglementation au 30 septembre 2026.

DPE 2027 : ce que prévoit l’arrêté du 19 août 2026

En bref : au 1er janvier 2027, l’électricité pèsera moins lourd dans le calcul du DPE, par le simple changement d’un coefficient.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est le document qui classe un logement de A à G selon deux indicateurs. Le premier est sa consommation d’énergie primaire, en kilowattheures par mètre carré et par an ; le second, ses émissions de gaz à effet de serre. C’est l’article L. 173-1-1 du Code de la construction et de l’habitation qui pose ce principe, les seuils étant fixés par arrêté.

Pour passer de l’énergie consommée dans le logement (l’énergie finale) à l’énergie primaire, le calcul applique un coefficient à chaque source d’énergie. Pour l’électricité, ce coefficient pénalisait fortement les logements chauffés par radiateurs, ballon électrique ou pompe à chaleur.

L’arrêté du 19 août 2026 le fait de nouveau baisser. Son article 1er remplace la valeur « 1,9 » par « 1,7 » dans l’annexe 3 de l’arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE des logements. Son article 6 fixe l’entrée en vigueur au 1er janvier 2027. Le ministère chargé du logement rattache cette réforme au plan d’électrification du Gouvernement dans sa foire aux questions dédiée, et précise : « aucun logement ne verra son étiquette dégradée après le changement ».

Deuxième baisse en deux ans

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient était déjà passé de 2,3 à 1,9, comme l’indique la fiche de service-public.fr sur le DPE. Selon la même foire aux questions, environ 300 000 logements, principalement chauffés à l’électricité, sortiraient du statut de passoire énergétique (F ou G), sur les 3,2 millions de passoires que comptait le parc de résidences principales au 1er janvier 2025.

Période Coefficient de l’électricité dans le DPE Texte
Jusqu’au 31 décembre 2025 2,3 Arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE des logements
Du 1er janvier au 31 décembre 2026 1,9 Arrêté du 13 août 2025, abrogé par l’arrêté du 19 août 2026
À partir du 1er janvier 2027 1,7 Arrêté du 19 août 2026

Votre DPE actuel reste valable : l’attestation ADEME

Vous n’avez pas à refaire votre diagnostic. L’article 3 de l’arrêté prévoit que les DPE en cours de validité peuvent faire l’objet d’un document attestant de la nouvelle étiquette. Cette attestation est générée exclusivement par l’ADEME sur le site de l’Observatoire DPE-Audit, téléchargeable par toute personne, et remplace l’étiquette initiale. La FAQ du ministère précise qu’elle se télécharge gratuitement à partir du 1er janvier 2027. Il suffit de saisir le numéro du DPE inscrit en haut à droite du rapport. Elle « aura la même durée de validité que le DPE dont elle remplace l’étiquette ».

Attention à la validité : un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 vaut 10 ans. En revanche, ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025, selon service-public.fr : pour eux, aucune attestation ne remplace un nouveau diagnostic.

Votre appartement va-t-il gagner une lettre avec le DPE 2027 ?

Oui, s’il est chauffé à l’électricité et que sa consommation ne dépasse que de peu le seuil de la classe meilleure. Seule la consommation électrique est concernée, et elle baisse dans le rapport 1,7 / 1,9, soit environ 10,5 %. Pour un appartement tout électrique (chauffage, eau chaude, ventilation), c’est toute la consommation d’énergie primaire qui diminue d’autant. Pour un logement chauffé au gaz avec un ballon d’eau chaude électrique, seule la part de l’eau chaude baisse, et le gain devient marginal.

Pour un logement de plus de 40 m², les seuils des classes E, F et G sont 250, 330 et 420 kWh/m²/an d’énergie primaire, d’après l’annexe 5 de l’arrêté du 31 mars 2021. Le DPE évalue cinq usages (chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage, auxiliaires), et chaque kilowattheure électrique est converti avec le même coefficient, précise le ministère.

En appliquant la baisse de 10,5 % à un appartement tout électrique dont le DPE a été établi ou mis à jour en 2026 (coefficient 1,9), on obtient les bornes suivantes. Il s’agit de mon calcul arithmétique, pas d’un barème officiel : la consommation affichée sur le rapport est arrondie, et près d’une borne seule l’attestation ADEME fera foi.

Classe actuelle (DPE 2026, tout électrique, plus de 40 m²) Changement de classe en 2027 si la consommation actuelle ne dépasse pas Exemple
G (420 kWh/m²/an ou plus) 469 kWh/m²/an : passage en F 440 devient environ 394 : F
F (330 à 419) 368 kWh/m²/an : passage en E 360 devient environ 322 : E
E (250 à 329) 279 kWh/m²/an : passage en D 270 devient environ 242 : D
D (180 à 249) 201 kWh/m²/an : passage en C 195 devient environ 174 : C

Au-delà de ces bornes, l’appartement garde sa lettre en 2027, mais la nouvelle règle permettra « d’atteindre plus facilement une meilleure classe DPE par le biais de travaux », souligne la FAQ ministérielle.

Trois limites avant de conclure

  • L’étiquette climat. La classe retenue est la plus mauvaise des deux indicateurs, énergie et émissions de gaz à effet de serre. Pour sortir de G, il faut par exemple rester sous 100 kg éq. CO₂/m²/an. Vérifiez cette ligne sur votre rapport avant de vous réjouir.
  • Les petites surfaces. Depuis le 1er juillet 2024, les logements de 40 m² ou moins ont des seuils adaptés. Le tableau ci-dessus ne s’applique pas aux studios et aux petits deux-pièces, très nombreux à Paris.
  • L’ancienneté du DPE. Un DPE établi en 2024 ou 2025 avec le coefficient 2,3, sans attestation en 2026, affiche une consommation calculée sur une autre base : le tableau ne s’applique pas à lui. Consultez l’Observatoire à partir du 1er janvier 2027 pour connaître sa nouvelle étiquette.

Location : le calendrier des interdictions n’a pas changé

Le nouveau coefficient change la lettre, pas la règle. Pour être loué comme résidence principale, un logement doit être décent, et la décence intègre un niveau minimal de performance énergétique. L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989, issu de la loi Climat et résilience, fixe le calendrier en France métropolitaine. Les logements qui ne l’atteignent pas « sont considérés comme non décents ».

Date Classes admises pour un logement loué Classe exclue
Depuis le 1er janvier 2025 A à F G
À compter du 1er janvier 2028 A à E F
À compter du 1er janvier 2034 A à D E

Selon service-public.fr, l’interdiction vise les contrats de location signés, renouvelés ou reconduits tacitement à compter de l’échéance : un bail signé avant 2025 n’est touché qu’à son renouvellement ou à sa reconduction. Le Code de la construction fixe en outre un objectif de classe A à E pour tous les logements au 1er janvier 2028 (article L. 173-2).

D’autres règles pèsent déjà sur les appartements F et G loués. La révision annuelle du loyer est interdite pour un bail signé, renouvelé ou reconduit depuis le 24 août 2022 (service-public.fr).

À Paris, tant que l’encadrement des loyers s’applique, aucun complément de loyer n’est possible pour un logement de classe F ou G (article 140 de la loi ELAN). Cette expérimentation court huit ans à compter de la publication de la loi ELAN, soit jusqu’en novembre 2026 ; au-delà, sa poursuite dépend d’une nouvelle loi.

Pour un bailleur, passer de F à E en 2027, c’est donc repousser l’échéance d’exclusion de 2028 à 2034 et sortir du champ de ces restrictions propres aux classes F et G. Pour fixer le loyer lui-même, voyez notre article sur le loyer à demander pour relouer un appartement à Paris.

Le projet de loi logement : discuté, pas adopté

Aucune loi n’a, à ce jour, modifié ce calendrier. Le Sénat a adopté le 8 juillet 2026, en première lecture et en procédure accélérée, le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement. Dans la version transmise à l’Assemblée nationale, son article 6 ne modifie pas les échéances de 2028 et 2034.

Il prévoit qu’un logement loué par un bail en cours à l’une de ces échéances ne devient non décent qu’au renouvellement ou à la reconduction tacite du bail, et au plus tard trois ans après l’échéance.

Il considérerait aussi le logement comme décent si le propriétaire démontre avoir réalisé tous les travaux possibles, les autres s’étant heurtés à des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, à des coûts manifestement disproportionnés, à un refus administratif ou à un refus de l’assemblée générale des copropriétaires datant de moins de dix-huit mois. Il en irait de même si un contrat de travaux permettant d’atteindre la classe exigée est conclu avant le 1er janvier 2030 : le logement serait réputé l’atteindre jusqu’à la fin des travaux, pendant trois ans au plus après la signature du contrat par le propriétaire, cinq ans si c’est le syndicat des copropriétaires qui l’a conclu.

À l’Assemblée nationale, la commission des affaires économiques a établi son texte le 23 septembre 2026, non encore publié au 30 septembre ; le projet n’a pas été examiné en séance ni adopté définitivement (dossier législatif). Tant qu’il n’est pas promulgué, ne bâtissez aucune stratégie locative sur lui.

Vente : une lettre gagnée n’est pas une valeur gagnée

Une lettre de mieux facilite la vente sans fixer le prix : elle retire une mention défavorable et élargit le cercle des acquéreurs. À la vente, le DPE figure dans le dossier de diagnostic technique annexé à la promesse (article L. 271-4 du CCH). Les recommandations qui l’accompagnent n’ont qu’une valeur indicative : l’acquéreur ne peut pas s’en prévaloir contre le vendeur. En revanche, si le DPE lui-même est erroné, l’acquéreur peut saisir le tribunal pour demander des dommages et intérêts, voire l’annulation de la vente (service-public.fr).

Pour un logement F ou G, l’annonce et l’acte doivent aussi mentionner l’obligation d’atteindre la classe E en 2028 (article L. 173-2). Sortir de F ou G fait donc disparaître une mention que tous les acquéreurs lisent.

Ce que la lettre change vraiment

La performance énergétique fait désormais partie de chaque estimation que je réalise dans les 5e, 6e, 13e et 14e arrondissements, et mon observation de terrain depuis plus de vingt ans est constante : une meilleure lettre agit d’abord sur le nombre d’acheteurs, pas directement sur le prix au mètre carré.

  • Les investisseurs reviennent. Un appartement qui passe de G à F redevient louable ; de F à E, il gagne six ans de répit. Pour un investisseur, c’est la différence entre un bien qu’il écarte et un bien qu’il visite.
  • La négociation change d’argument. Un DPE F ou G sert souvent d’argument pour chiffrer des travaux et demander une baisse. Une lettre de mieux retire cet argument sans en supprimer d’autres.
  • Pour un appartement en copropriété, pas d’audit énergétique. L’audit obligatoire à la vente vise les maisons et les immeubles hors copropriété (article L. 126-28-1 du CCH). Pour un lot de copropriété, le DPE reste la seule pièce énergétique que l’acquéreur lira.

Ce qu’elle ne change pas

Prenons deux appartements anciens proches, dans le 5e. Le premier, chauffé à l’électricité, est moins bien classé que le second ; s’il gagne une lettre en 2027, l’écart de DPE se réduit. Mais il peut offrir un meilleur étage, un plan traversant et une copropriété entretenue. Le second peut afficher un meilleur DPE mais attendre un ravalement, une toiture ou un ascenseur, des travaux de copropriété qui pèsent sur la valeur d’un appartement.

Un acquéreur rapproche le DPE et son évolution, le chauffage, l’étage, les travaux de copropriété, les charges et les biens concurrents. Entre Saint-Germain-des-Prés et Vavin, l’adresse exacte, l’étage ou l’état des parties communes pèsent souvent davantage qu’une évolution réglementaire du calcul. C’est pourquoi je raisonne en valeur globale plutôt qu’en lettre, de même qu’un prix moyen au m² à Paris ne dit pas ce que vaut un appartement donné.

Vendre maintenant, attendre le DPE 2027 ou faire des travaux ?

Attendre janvier 2027 se justifie surtout pour un appartement tout électrique situé sous l’une des bornes du tableau et destiné à des investisseurs ; dans les autres cas, le calendrier de votre projet prime. Voici comment je pose la question avec un vendeur.

Situation Piste à étudier Point de vigilance
Appartement tout électrique sous l’une des bornes du tableau, cible investisseurs Préparer la vente pour janvier 2027, attestation ADEME en main Pendant l’attente, le marché et les taux peuvent bouger dans un sens ou dans l’autre
Appartement déjà en D ou mieux, cible résidence principale Vendre au moment le plus favorable pour votre projet, sans attendre L’effet 2027 sera faible sur ce type de clientèle
Chauffage collectif au gaz ou au fioul Ne rien attendre du changement de coefficient La lettre dépend surtout de l’immeuble et de ses travaux
Appartement au-dessus des bornes, travaux ciblés possibles Chiffrer les travaux qui font gagner une lettre et améliorent l’usage Faire valider le gain par un diagnostiqueur avant d’engager les dépenses

Ne mettez pas en avant une étiquette 2027 dans une annonce publiée avant le 1er janvier : l’étiquette légale reste celle du DPE en vigueur. Pour les travaux, notre page valorisation et rénovation détaille notre approche, et notre article sur la méthode pour estimer le coût de travaux à Paris aide à les chiffrer. Le simulateur d’estimation donne un premier ordre de grandeur.

Questions fréquentes

Un appartement classé G pourra-t-il de nouveau être loué en 2027 ?

Oui, s’il passe en F grâce au nouveau coefficient, attestation à l’appui, puisque la décence énergétique exige aujourd’hui une classe entre A et F. Mais il sera de nouveau exclu à partir du 1er janvier 2028 s’il reste en F, pour les baux signés, renouvelés ou reconduits à partir de cette date.

Promesse signée en 2026, acte en 2027 : quand joindre l’attestation ?

Je n’ai trouvé aucun texte qui vise ce cas ; voici ce que j’en déduis. Le DPE est annexé à la promesse (article L. 271-4 du CCH), et l’arrêté du 19 août 2026 précise qu’un DPE sans attestation reste valable jusqu’à sa date de fin de validité : celui de la promesse n’a donc pas à être remplacé. L’attestation n’existant qu’à partir du 1er janvier 2027, elle peut être remise à l’acquéreur avant l’acte, qui peut aussi la télécharger lui-même. Voyez avec votre notaire comment la mentionner.

Faut-il refaire un DPE avant de vendre ?

Pas si votre DPE est valable : établi depuis le 1er juillet 2021, il vaut 10 ans, et l’attestation 2027 suffit à refléter la nouvelle étiquette. Un nouveau diagnostic devient nécessaire si le vôtre est périmé ; il est utile si vous avez réalisé des travaux qui améliorent la performance du logement.

Se faire accompagner pour vendre au bon moment

Chez Sellier Patrimoine, nous confrontons le DPE actuel et son évolution possible à la valeur de marché, aux transactions comparables et aux travaux de copropriété. Vendre en l’état, faire des travaux ciblés ou attendre janvier 2027 : le bon choix dépend du bien. Pour une estimation qui intègre le DPE de votre appartement, ou un premier échange confidentiel sans engagement de mise en vente, contactez-nous.

Denis Sellier est le fondateur de Sellier Patrimoine, agence immobilière à Paris ; il accompagne vendeurs, acquéreurs et investisseurs dans l’estimation et la vente d’appartements parisiens, DPE et travaux compris.

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